Bloguer dans le Chaos

Vous connaissez le TDAH ?
C’est un syndrome neuropsychologique qui injecte du chaos dans mon fonctionnement mental. La loi de l’entropie s’exprime à son plus haut point.

Difficile d’être ordonné, organisé, concentré, ponctuel, persévérant jusqu’au bout de la tâche … Bref le fonctionnement de tout un chacun quand il est fatigué. Même en pleine forme, mes neurones buggent si je ne chausse pas mon cerveau de lunettes par des stratégies neuro-psy .

Cependant par l’activité intellectuelle constante (et épuisante) qu’il génère, il me donne une liberté d’expression impulsive, décadrée, amusante ou désolante, lourde ou légère, vivante ou morbide et souvent tout cela à la fois du fait de ma grande capacité à passer d’une couleur émotionnelle à l’autre en quelques secondes.

C’est ce que je vais vous partager ici dans des minis ou longs posts désordonnés, toujours inachevés et sans aucune régularité. Ne vous étonnez donc pas de voir d’anciens posts être totalement modifiés ou retourner dans le monde des idées où, peut-être, un autre s’en emparera.

Pourquoi ? Simplement par envie de mettre des mots bout à bout pour essayer d’ordonner le chaos d’une pensée en coq à l’âne qui ricoche d’un thème à l’autre et, par maux ou bons heurs,  de la  joie à la peine ou de l’extase à la déprime la plus profonde et vice versa. Et tout cela, je l’espère, en toute bienveillance car ma naïveté profonde m’empêche de regarder le monde et l’humanité comme étant fondamentalement mauvais. Que du contraire. Chrétien, j’apprends dans la Genèse que tout cela est bon et dans les Evangiles que l’amour est inconditionnel et source de toute chose. Sola Gratia !

Marc

PS : Ce sera peut-être le seul article. Ma distraction pourrait me faire oublier le chemin de ce blog. 🙂

Le secret du bonheur selon William

Shakespeare

Source : réseaux sociaux (Twitter et Facebook)

J’ignore si ce brave William est vraiment  à l’origine de cette citation mais elle me parle.
Vivre une relation, quel qu’elle soit, sans rien attendre de l’autre, est-ce vraiment possible ?  Non me direz-vous, notre ego est toujours dans l’attente d’un minimum de reconnaissance, a toujours besoin d’un minimum de réassurance d’être aimé, apprécié,… J’écris nous, c’est malhonnête. Après tout, j’ignore qui vous êtes et où vous en êtes. Donc je passe au je. Effectivement, il m’arrive encore d’être dans quelques attentes, à guetter des réponses, des assentiments mais quand ils ne viennent pas, j’encaisse et je m’envole pour regarder cela de haut.

Avant, je me faisais tout un cinéma qui m’envoyait au sous-sol. Maintenant, je relativise et je respire un bon coup. Mes attentes m’enfermaient et enchaînaient l’autre. Je ne veux plus nous étouffer. Je veux respecter nos liberté d’être, de penser, de choisir; libérer la relation pour tendre vers l’inconditionnel. J’entends: « Tu rêves, Marc, dès qu’il y a un lien, il y a un minimum d’obligation. C’est pour cela qu’on appelle ça un lien d’ailleurs. » J’y avais pas pensé. Une relation déliée tout en étant dans une profondeur d’échange est-elle possible ? Peut-être pas mais Paul de Tarse, dans son magnifique hymne à l’amour (1 Co 13:1-13), nous explique que l’amour (agape) « ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais trouve sa joie dans ce qui est vrai; supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout. » (versets 6 et 7). Je retiens confiance, espérance, vérité, bienveillance et tout cela mène à la joie et donne la force d’endurer. (Je sais, mon « exégèse » n’est pas rigoureuse du tout)
Il parle de l’amour de Dieu, de l’amour en Dieu, de cette lumière qui nous éclaire de l’intérieur et de l’extérieur, nous pousse, nous dépasse et nous relie. Là, je peux parler en nous car cela nous concerne tous.
Alors je, quand il respire un bon coup, se dit « confiance » en appuyant sur la dernière syllabe et il puise au plus profond de lui dans cette source d’amour infinie, cette grâce qu’il appelle Dieu mais que vous nommez peut-être autrement. Peu importe, il sera toujours au-delà des noms que nous lui donnerons et qui tenteront vainement de l’emprisonner. Et de là, je regarde la relation et lui dit « tu es libre de vivre à ton rythme, libre de l’immédiateté et même libre de cesser d’exister si tu estimes n’avoir plus de raison d’être. »  Alors « je » se regarde et se dit : retiens la joie, jette ce qui t’a intoxiqué et vis pour toi mais sans égoïsme, reste aligné sur tes objectifs de vie, cohérent avec tes valeurs, sois ton propre appui. Force, joie, vérité et confiance que je puise en l’Eternel, je te la donne, chère relation et je choisis de ne rien attendre d’y tendre de toute ma volonté et en pleine confiance. Et si je reçois, je prends avec gratitude, conscient que rien ne m’est dû, que c’est juste un magnifique plus.

Je vous ai entendu. Vous venez de dire que je suis en pleine crise mystique. C’est donc cela. Désolé, ça va durer car je veux tendre à vivre libre désormais des attentes et des ruminations paranoïaques qui me rongeaient de l’intérieur ou m’étouffaient de l’extérieur. Je veux AIMER librement mais dans le respect de la liberté d’être  de l’autre. Car aimer ne peut se concevoir sans cet autre, cet alter ego.

J’ai écrit « tendre à.. » certain malgré tout qu’il ne peut y avoir de relation sans attente d’un minimum de retour. Je ne veux cependant jamais perdre de vue que cet alter ego malgré tout l’amour ou l’amitié qu’il me donne n’a pas vocation à être la satisfaction de mes besoins (de tendresse, de reconnaissance, d’apaisement,  …). Je me refuse désormais à le réduire à  n’être qu’une béquille au risque d’en être dépendant et enfermant.  Je sais que d’autres solutions sont possibles une fois les vrais besoins, bien identifiés. Je ne peux donc en vouloir à l’autre de ne pas répondre comme je le souhaiterai égoïstement.

Ce cher William termine par quelques conseils. De chacun d’eux, je pourrai vous renvoyer vers un extrait des écritures judéo-chrétiennes. Sagesse millénaire qui, in fine, nous invite à la bienveillance envers tous et d’abord envers nous-même en refusant tout ce qui nous mène aux petites morts qui nous étouffent et asphyxient l’autre bout de la relation. C’est pour moi un chemin à petits pas scandant des verbes d’actions : VAS, AIME, LIBÈRE ET VIS.
Augustin d’Hippone écrivait : « Aime et fais ce qu’il te plait. » Je crois que je viens de comprendre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris qu’en toutes circonstances,
J’étais à la bonne place, au bon moment,
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle
ESTIME de SOI

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai pu percevoir que mon anxiété
et ma souffrance émotionnelle,
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle
AUTHENTICITÉ

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle
MATURITÉ

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à percevoir l’abus
dans le fait de forcer une situation ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni personne,
ni moi-même ne sommes prêts
et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle
RESPECT

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à me libérer
de tout ce qui ne m’était pas salutaire,
personnes, situations,
tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme,
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle
AMOUR PROPRE

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé d’avoir peur d’avoir du temps libre,
et j’ai arrêté de faire de grands plans,
j’ai abandonné les mégas projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime,
quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle
SIMPLICITÉ

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de chercher à toujours avoir raison
et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé
Aujourd’hui, j’ai découvert
L’HUMILITÉ

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de revivre le passé
et de me préoccuper de l’avenir
Aujourd’hui, je vis au présent
Là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois
et ça s’appelle
PLÉNITUDE

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris que ma tête pouvait
me tromper et me décevoir,
mais si je la mets au service de mon coeur,
elle devient un allié très précieux.

Tout ceci est … SAVOIR VIVRE
Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter.
Du chaos naissent les étoiles.

– Charlie CHAPLIN –

Source : quelque part sur les réseaux sociaux.

CharlieChaplin1

On ne peut pas se battre contre l’obscurité, on ne peut que lui opposer de la lumière

Facebook est mon réseau social de proximité. C’est là que je reste en contact avec mes amis de la vie réelle et d’autres personnes que je n’ai pas encore rencontrées mais que j’apprécie vraiment. Ces dernières, je les ai pour la plupart rencontrées sur Twitter, mon réseau social de prédilection.

Et puis il y a les cercles plus lointains de ceux que j’ai connu au temps de mon enfance congolaise. Perdus de vue, ils m’ont retrouvé via Facebook pour la plupart. Je suis content de partager avec les uns. Avec d’autres, c’est plus compliqué. Récemment, l’un deux m’a « recadré » (crime de lèse-majesté zébresque) et j’en suis encore sur le … , oops, surpris.

Laissez-moi vous conter cet incident. Premier acte, je réagis à un poste bourré d’inepties concernant les conditions de détention dans nos chères prisons. Le pitch, c’est que les détenus sont mieux traités que les pensionnaires des maisons de repos. Donc plaçons ceux-ci en prison et les détenus en maison de retraite. Le genre d’assertions sans appel qui se termine par un « tout le monde doit savoir, partagez ». Sous-entendu: « si tu ne le fais pas, t’es sans cœur, tu n’aime pas les personnes âgées. »  L’auteur de ce texte n’avait manifestement jamais mis les pieds dans une maison de repos ou dans une prison.
En quelques lignes, je rectifie les informations concernant les conditions de détention des prisonniers. Par honnêteté intellectuelle, je ne dis rien du sort des pensionnaires en maison de repos puisque c’est un sujet qui m’est complètement étranger.  Je le fais dans un style vif, je le reconnais, mais pas moins que le texte initial et je reste correct. Le seul décalage qui puisse m’être reproché est d’avoir qualifié le texte de « torchon populiste », jugement que je regrette aujourd’hui.

Deuxième acte, des réactions qui me surprennentJ’ai choqué en prenant la défense des détenus. Après tout, s’ils sont en prison, c’est parce qu’ils ont « fauté » (sic) et les pauvres victimes de Dutroux, vous y pensez… Amalgames, lieux communs contre lesquels il faut dix paragraphes d’argumentation pour chaque mot. Nous ne sommes pas au même niveau, le leur est émotionnel, le mien est rationnel. Habitué de ce type d’échange, j’ai appris à en rester là. Mais, en privé, voilà qu’une vieille connaissance  avec lequel, je n’ai pas échangé un mot depuis au moins 35 ans, m’interpelle d’une manière assez sèche. Il s’en prend à mon job. De par mon métier d’assistant social, le rôle que cela implique dans la société, j’aurai dû m’abstenir de ce commentaire et d’un autre quelques semaines auparavant. Si justement, c’est de là que je parle mais si j’ai bien compris, il est interdit de prendre la défense « des méchants ». Puis suivent quelques insultes à peine voilées dans un style correct dans lequel sortent d’autres poncifs: les fonctionnaires et politiques glandeurs contre les travailleurs indépendants ; les étrangers qui sont mieux traités que les Belges parce qu’ils ont des réseaux qui les aident à défendre leurs droits. A ce stade, je ne vois pas où il veut en venir. Quel péché ai-je commis ? Enfin, il arrive au cœur de son interpellation. Après m’avoir dit qu’il me percevait comme un redresseur de torts et que ça l’insupportait, il m’écrit :

« Si ça concerne un règlement, un article de loi,… Pourquoi pas signaler gentillement que c’est inexact, sans revendiquer. Mais ici, il s’agit d’un avis, d’une façon de penser, de voire les choses. Chaque personne est différente. Elle n’a pas eu le même vécu, la même instruction, le même parcours professionnel,etc. Alors SVP restons au deuxième degré. Moi je considère FB comme un lieu d’échanges amical, d’information. Mais pas un forum de politique générale ! » (sic, je n’ai pas touché une virgule).

Donc ne pas avoir suivi le courant de leur pensée a créé un trouble profond dans leur petit monde paisible. J’en suis vraiment désolé. Ce n’est pas un sarcasme.
Si j’avais compris cela plus tôt, je n’aurai pas réagi dans un tel contexte. Je me serai autocensuré pour ne pas blesser, créer de la colère, …  Car en effet et je le sais pourtant, face à des personnes qui partagent une vision du monde très dualiste, il ne sert à rien d’amener un contre-point visant à remettre en question un point de vue largement partagé et rassurant pour eux.  Il leur est difficile d’entrer dans une vision systémique tenant compte de la complexité, relativisant la réalité de chaque acteur, refusant de les stigmatiser, de les réduire à leurs comportements, recontextualisant les mots et les gestes. Un regard qui les autorise à être eux-même et à évoluer. Je vois des êtres humains là où d’autres voient des menaces et des sous-hommes (délinquants, migrants, …). Je vois la lumière derrière les parts d’ombre de chacun et travaille à lui faire prendre le dessus, à lui donner plus d’intensité.

Ma tristesse est d’être confronté à ce mur entre ces deux visions et de ne pas à mon tour comprendre comment illuminer leur regard, l’amener à voir l’autre si différent comme un membre à part entière de la famille humaine.

Que faire alors ? Je me suis retiré quelques jours de Facebook pour réfléchir. J’ai annulé les notifications des messages de ces personnes afin qu’ils n’apparaissent pas dans ma timeline car leur vision du monde est blessante et irritante pour moi.
Je suis resté quelques jours dans l’expectative puis une amie d’une grande sagesse m’a dit qu’on ne peut pas se battre contre l’obscurité, on ne peut qu’ajouter de la lumière. Et cela m’a éclairé. J’avais été bien prétentieux de vouloir faire changer les autres de point de vue, de vouloir leur imposer le mien.
Il ne servait à rien de me confronter mais par contre il était nécessaire de continuer à faire passer des messages lumineux. Chacun est libre de ce qu’il en fait ou pas. Personne ne sait dans quel terrain les graines vont germer. Quel changement de paradigme pour moi qui aime tant confronter et débattre !

 quelalumieresoit

Vide

Dans la noirceur, la lumière là-bas, tout au bout, se devine à peine. Recroquevillé dans ma tête, mon corps en boule, d’humeur irascible,  tout m’insupporte, complètement déconnecté de la source de vie et d’amour, déraciné de mon humanité, horrible monstre terreux.

Vide infini, plongé dans le silence noir, incapable de me dire, de créer, de regarder, de décoller. le zèbre est en cage.

Vide d’humanité, d’animalité,  de vie … Sans ligne de fuite, horizon bouché, froid, sombre, enchaîné, les ailes en lambeaux, regard pincé, reflétant l’abysse.

Loin des Ecritures,  pas envie de me confronter à la grâce, à la miséricorde, un pardon toujours renouvelé. Pas envie de résurrection, juste le Shéol.

Des larmes surgissent, incompressibles, incompréhensibles, …

 

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« Le Génie du Mal » de Guillaume Geef. Elément de la chaire de la Cathédrale Saint-Paul de Liège. Photo de Luc Viatour

 

 

 

 

Choisir sa cause ? Choisir toutes les causes ?

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J’emprunte le titre à mon amie Roxy Coxy qui, sur sa page Facebook, posait cette question, -ô combien pertinente, dérangeante et pleinement existentielle- à la suite d’un article du Huffington Post :

« Une question que je me pose depuis quelques jours…. est ce vraiment parce que c’est la France ou simplement parce qu’il y est plus extraordinaire d’y subir une telle vague de violence.
Après tout.. Beyrouth c’est tous les jours depuis des années….
Pourtant, un mort reste un mort…..
Alors, se replier dans l’indifférence? pleurer « ses » morts ? pleurer tous les morts? Communiquer? passer sous silence?
Choisir sa cause? Choisir toutes les causes? »

Cette question a immédiatement fait écho. Précédemment, j’y avais déjà réfléchi mais superficiellement, ébauché des réponses que j’ai couchées en commentaire de manière brute. Je n’étais pas satisfait, il me fallait aller plus loin, retravailler certains points quitte à abandonner l’idée de base. Mais l’instantanéité de Facebook et des autres réseaux sociaux ne se prêtaient pas à ce travail. Je me suis donc rappelé le chemin de ce blog, lieu adéquat pour permettre à un cerveau surexcité d’y réfléchir calmement en posant mot après mot des idées qui seront, de toute façon, toujours inachevées. Car cette question renvoie à un questionnement toujours vif sur mes rapports aux autres, au reste de l’humanité. Voici donc mon commentaire revisité :

L’article donne déjà beaucoup de pistes. C’est une question de proximité géographique mais surtout culturelle, parce que nos valeurs sont visées, parce que ça pourrait être nous. Mais aussi parce que pour moi, Paris est ma ville fétiche, un lieu d’émerveillement culturel, de retraite, de repos. Et c’est aussi à tout cela  qu’une bande de gamins fanatisés,  déliés de leurs proches, de leur humanité, -de toute l’humanité-, de leurs émotions;  mais aussi drogués, peut-être par peur qu’une part d’empathie repasse à la surface et mette à mal leur funeste projet.

Mais égoïstement, j’ai eu aussi peur pour les miens, mes biens mon confort, ma liberté de mouvement, de penser, …

Oui j’ai pleuré dans la nuit de cet horrible vendredi 13, mais aussi quand j’ai lu la lettre de ce jeune papa qui y avait perdu la femme de sa vie. Je me suis inquiété pour mes contacts d’Île-de-France tous chers à mon cœur alors que, certains, je ne les ai pas encore rencontrés réellement. Avant cela, j’ignorais qu’il y avait eu des attentats à Beyrouth. J’ai été touché par les attentats au Kenya et au Mali mais pas seulement dans l’émotion toujours présente des attentats de Paris, ni parce que des européens en avaient aussi été victimes. Je ne peut donc dire que je suis indifférent car de la compassion, j’en ai. Elle s’exprime cependant beaucoup moins fort, elle ne m’envahit pas, ne me laisse pas hagard.

« On ne peut porter toute la misère du monde, dit l’adage. »
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même, dit Jésus (Mathieu 22:39). » En cela, il fait notamment écho au livre du Lévitique (19:18) : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Eternel. » En « bon » Protestant, face à l’horreur, mon réflexe a été de me plonger dans les Ecritures et d’y puiser à la fois du réconfort, des pistes de réponse, de la prise de distance dans une parole d’hier qui résonne dans mon aujourd’hui. Et surtout : garder le cap dans mon humanité. Car si mon peuple c’est l’humanité toute entière, mon prochain, c’est celui qui est près de moi géographiquement, relationnellement, …

Je ne considère donc pas les maliens, ou tout autre peuple, comme ayant une valeur moindre que la mienne mais pour préserver mon équilibre et ma santé mentale, je ne puis me laisser bouleverser par tous les malheurs de la terre. J’en ai besoin pour faire grandir mon humanité, ne pas me laisser submerger par la peur et la haine, garder un minimum de rationalité pour continuer à vivre ici, à aimer et me battre contre les amalgames et les tentatives de divisions entre mes prochains. Et cela je le fais à mon modeste niveau et bien au chaud derrière mon clavier.